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24 juin 2004
Les essais d'utilisabilité, notamment les séances d'essais à voix haute, ont été imaginés comme une façon économique d'évaluer une interface utilisateur. Grosso modo, on demande à de vrais utilisateurs d'utiliser une interface (papier ou électronique) pour accomplir une tâche tout en pensant à voix haute. Jusque là, rien de sorcier. Ce n'est que le gros bon sens : faire tester une interface (ou une partie de l'interface) par de vrais utilisateurs.
Cependant, juste le fait de parler d'essais d'utilisabilité provoque souvent une aura de mysticisme et de complication injustifiée. On parle d'enregistrement vidéo, de technologique, d'aménagement d'un local d'observation avec miroir sans teint, de préparation de scénarios divers, de la formation d'un animateur et j'en passe. Quoi ?
Qui plus est dans certains cas, on va même jusqu'à faire un prototype électronique fonctionnel avec les bonnes couleurs, les bonnes polices de caractères pis tout le kit. Panique ! Aurait-on perdu de vue l'objectif de ces essais ? On veut savoir si l'utilisateur comprend l'interface et s'il peut y naviguer aisément afin d'atteindre son objectif ... et ce au moindre coût. Point à la ligne.
Toute cette fausse complication a fait en sorte que les essais d'utilisabilité sont trop souvent perçus comme une étape d'assurance qualité onéreuse et non comme une activité intrinsèque à la conception. Ce qui fait qu'elle est souvent faite tardivement, trop tardivement et comble de malheur par des tiers (lire consultants). Or, pour être réellement efficaces, ces essais doivent être réalisés hâtivement, souvent et idéalement par le concepteur de la solution puisqu'il est le seul à pouvoir saisir complètement la problématique d'utilisation.
Lane Becker a d'ailleurs publié un excellent article à ce sujet. À lire !
Écrit par Daniel le juin 24, 2004 06:19 PM