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8 avril 2009
The Beauty Dilemma (U. of Koblenz-Landau, Folkwang U). La beauté est valorisée mais n'est pas nécessairement considérée au moment de choisir un produit. Généralement, il y a 2 types d'attributs concernant un objet : centraux (l'utilité première du produit) et périphériques (p. ex. son apparence). L'ergonomie se rapproche plus de l'attribut central. Cela dit, la beauté compte lorsqu'on veut par exemple montrer son nouveau cellulaire à un ami. La beauté d'un objet compte aussi pour son utilisateur, question de se l'approprier, d'augmenter sa valeur et de le rendre agréable à utiliser. Lorsqu'on fait un choix de produit, on veut le meilleur et facile à justifier. D'un autre côté, l'aspect beauté d'un objet est irrationnel... et le luxe est difficile à justifier. Ont réalisé une étude dans le choix d'un téléphone cellulaire. Résultats : Payer plus cher pour l'utilisabilité est facilement justifiable, ce qui n'est pas le cas de la beauté/luxe d'un objet. Lorsqu'on regarde deux produits strictement sous l'angle de la beauté, on devrait choisir le moins cher. Ce n'est pas que la beauté d'un objet n'est pas important, c'est qu'il est plus facile d'en justifier le choix basé sur ce simple critère. Ont fait un 2e test: deux cellulaires (un beau, un moins beau) offerts gratuitement. Résultat : les gens ont choisi le... beau téléphone! La beauté d'un objet est plus importante pour faire un choix que l'utilisabilité d'un objet... mais la beauté est toujours difficile à justifier. En général, faire un choix implique toujours un compromis entre la beauté et l'utilisabilité.
Commentaires de l'auditoire: Il se pourrait qu'il y ait des différences de résultats selon la culture/sous-culture consultée...? Il existe différents « types » de beauté : d'expérience, d'utilisation, d'utilisabilité, en plus de celle qui provoque une réponse émotive ou viscérale. La marque peut aussi influencer le choix d'un produit (mais n'a pas été évaluée ... dans le cadre de cette étude, les téléphones étaient anonymes et provenaient du même manufacturier).
Panel discutant de la présentation composé de Bill Buxton et Mary Czerwinski de Microsoft Research et de Jodi Forlizzi de Carnegie Mellon U. Vous voulez savoir ce qu'ils ont dit? On s'en reparle autour d'un café... ou d'une bière!
Écrit par Daniel le avril 8, 2009 08:41 AM
Cela dit, Buxton et cie pendant la seconde partie de la présentation/panel ont démontré clairement l'importance de l'apparence et du style d'un produit pour un client au moment de choisir. Ce qui est aussi cohérent avec d'autres travaux sur le sujet. J'affirmerais que pour une entreprise de services (c-à-d. sans objet tangible à vendre), le site est un produit en soi.
Écrit par: Daniel le avril 8, 2009 02:02 PM
Bonjour,
Merci de vos billets passionnants.
Je suis assez critique sur les propos de Bill Buxton.
Ce que l'on voit dit qui on est et ce que l'on va raconter.
Quel vieux débat que d'opposer l'utilitaire à l'esthetique. On voit l'immaturité et la culture en silo de la recherche numérique. Elle se démontre dans ce type de conférence.
Oppose t'on dans l'automobile l'utilisabilié d'une automobile à son esthétique? Parle t'on dans le monde de conception competitif de "Style". Jonathan Ives est-il un styliste ? Joshua davis est-il un styliste ? Paul Rand est-il un styliste ?
Un "produit/service" est un tout séquencé. On ne peut pas le décomposer en éléments et séparer ainsi le beau du bon ou le bon de l'usage. Ce sens des formes ou ces formes du sens s'appellent je crois l'esthétique, qui est plus un enjeu que le beau en tant que tel. Le "produit/service" esthétique est donc la somme de ce que cela fait (le do), ce que l'on ressent (le look), et ce que l'on perçoit (le feel). Cette approche relève de la "gestalt théorie" et les approches hollistiques contemporaines.
Dans les nouvelles représentations numériques à inventer, la forme est une représentation et une incarnation préalable à tout usage et service. Les chercheurs issus de grands groupes ou de sites académiques sont déterminés et auto-référencés dans leurs approches.
Les innovateurs/transformateurs ne fonctionnent pas avec ce types d'approches anciennes et peu adaptées. On parle aujourd'hui de pratique, de démarche experimentale, etc... (cf open innovation, innovation démocratisé, empowerment, synthèse créative, sensible et culturelle).
Le monde numérique devrait relire l'histoire du mouvement moderne et du Bauhaus, le système des objets de Baudrillard ou A. Moles sur les notions d'incertitudes et se rappeler que ces questions sont vielles comme le design (1875). Ce scientisme segmenté tourne parfois au ridicule...
Parler de style ou de beau aujourd'hui, séparer le fond de la forme, quelle inculture....... Monsieur Buxton
Écrit par: jean louis Frechin le avril 9, 2009 09:19 AM
Jean-Louis,
Merci de ce commentaire. On ne saurait en effet séparer le tout. Cela dit, Bill Buxton a tenu sensiblement le même propos que vous. Ce qui était présenté dans mon billet était le résultat d'une étude universitaire réalisée en Allemagne... ayant pour prétexte de lancer la conversation... ce qui fut réussi =)
Écrit par: Daniel le avril 9, 2009 11:24 AM
Je suis confronté au problème évoqué ci-dessus... Dans le monde de la finance et du prêt immobilier. Doit-on faire un bouton beau équivoque (qui mène vers un formulaire crédit) ou bien un bouton tout juste équivoque ? Il y a une part de peur dans le fait de cliquer sur ce bouton. L'utilisateur ne sait pas s'il va s'engager dans quelque chose qui va lui manger le bras parce que le bouton est joli (dans sa tête joli=commercial=cher). Un prêt immobilier concerne un projet d'une vie. Dans ce cas, comment bien communiquer ? Négocier le chèvre et le choux...Quoi représenter ?
Écrit par: Prêt immobilier le mai 23, 2009 06:02 AM
Intéressant.
On peut bien avoir de la misère à expliquer aux dirigeants d'entreprise que la beauté d'un site ou d'une application est importante mais n'est pas une fin en soi.
Écrit par: Christine le avril 8, 2009 12:28 PM